27 juillet 2016

Plage musicale en Bangor replie ses partitions

La onzième édition du festival de musique de chambre Plage musicale en Bangor replie ses partitions ce soir, avec cette année encore, de belles et nombreuses satisfactions. En effet, le festival a reçu un très bel accueil du public pou  l’ensemble des concerts proposés, qu’ils soient donnés en extérieur ou dans les églises insulaires, sans oublier la programmation ambitieuse et la magnifique interprétation musicale. Il a connu une nette hausse de fréquentation des insulaires : « 30 % des spectateurs étaient bellilois, notamment grâce au tarif réduit qui leur est proposé à  tous les concerts », indiquent les organisateurs.

Succès de la représentation Pointe des Poulains
Le mythique concert à  la pointe des Poulains a connu lui aussi un succès remarqué tant par sa qualité que par le nombre de personnes venu assister au double spectacle, tant celui offert aux amateurs de belle musique proposée sous le thème « Tempêtes et Romantisme » que celui du site des Poulains, au fort de la grande Sarah. Au total 350 personnes ont applaudi les oeuvres de Schubert, Beethoven, Bacri, Godard et Chopin mercredi dernier. Quant à  la première « Nuit du piano », là  encore beaucoup de bonheur savouré à  la Citadelle par 250 auditeurs accueillis entre 17 h et 23 h. Plage musicale en Bangor : ce sont onze années de festival, 130 programmes différents, 530 oeuvres de musique de chambre dont 40 créations et 165 compositeurs. Pour de nombreux mélomanes, ce rendez-vous annuel de la deuxième quinzaine de juillet est devenu un événement incontournable : aujourd’hui, trois rendez-vous. Deux rencontres, à  la salle polyvalente de Bangor (entrée libre) : l’une avec le compositeur Pierre Schoeller à  midi, l’autre sur le thème de la création musicale à  18 h. Et pour terminer, cerise sur gâteau, le concert de clôture, à  20 h 30, à  l’église de Bangor. Un festival à  déguster entre les musiques de Boccherini, Chostakovitch, Brahms et Schoeller.



18 juillet 2015

Dix ans de musique à  Belle-Île

L’air marin exalte les concerts et les travaux de l’académie du festival Plage musicale en Bangor

« Cela fait déjà  dix ans que, sous l’impulsion du violoncelliste Christophe Beau, Belle-Île se place chaque été sous l’aile de la musique de chambre. Celle que l’on fait entre amis, devant un public complice et attentif, dans un esprit de communion et de transmission d’un répertoire intime et inspiré.

Le festival Plage musicale en Bangor s’est résolument développé autour de sa programmation de concerts mais également, pilier tout aussi essentiel de son activité, d’une académie qui accueille, durant une dizaine de jours, près d’une centaine de stagiaires, français et étrangers. Chaque matin, les étudiants y pratiquent intensivement leur instrument, pour se retrouver ensuite en session de musique de chambre et, en fin de stage, livrer au public le résultat de leur studieuse immersion dans quelques pages choisies du répertoire. Pour cette édition anniversaire, un travail autour de la 40ème Symphonie de Mozart permettra à  tous de former un orchestre aux multiples couleurs et talents.

Tout au long du festival, les plus beaux lieux, naturels et architecturaux, de l’île deviennent écrins de musique, avec quelques « curiosité» à   l’affiche. A ranger dans cette catégorie, le « Voyage musical, poétique et cosmique» conçu par l’astrophysicien Hubert Reeves et l’altiste Karine Lethiec au fort Sarah Bernhardt ou la découverte des sonorités énigmatiques d’un instrument bien méconnu : le cristal Baschet, mis au point au début des années 1950 et dont le cristalliste Michel Deneuve livrera les secrets. Là  encore, c’est au pied d’un phare, classé monument historique, que l’aventure se déroulera !

Quant aux amateurs de musique baroque, le pianiste Jean-Marc Luisada, l’un des bons génies du festival, les invite au jardin, celui rêvé puis réalisé par Véronique et Rodolphe de La Boulaye, avec son labyrinthe et ses étangs, ses roses, ses graminées caressées par le vent et ses cascades, sa fantaisie maîtrisée. Un décor idéal pour y savourer les pages de Couperin, Rameau ou Carl Philipp Emanuel Bach qui tissent le programme de cette soirée. Son titre, « Fêtes galantes», parle de lui-même»

Emmanuelle Giulani



 

23 juillet 2012

Musique de chambre à part

Le festival Plage musicale en Bangor investit des lieux insolites, en bord de mer

« Est-ce de jouer l’instrument fondateur du quatuor à  cordes ? Les violoncellistes ont toujours eu des velléités à  créer des festivals comme d’autres des familles. Le plus connu est le Catalan Pau Casals, qui a fui l’Espagne franquiste et fondé à  Prades le festival qui porte toujours son nom. Plus près de nous, Jean-Guihen Queyras et les Rencontres musicales de Forcalquier, Jérôme Pernoo et les Vacances de Monsieur Haydn, Marc Coppey et les Musicales de Colmar¦

  Christophe Beau s’est lui installé depuis 2006 à  Belle-Île. Son festival de musique de chambre avec une troupe d’amis musiciens, il l’a joliment intitulé Plage musicale en Bangor. En fait de plage, ce sont plutôt des pages. Des milliards de notes comme autant de grains de sable et une place de choix pour la musique contemporaine. « On a tous la passion de la musique de chambre chevillée au corps et des activités professionnelles liées à  l’enseignement, explique-t-il. Pourquoi cela s’arrêterait-il lâ ?» Et ça ne s’arrête pas : 11 programmes de concerts en 12 jours avec, dans la journée, la prise en charge de quelque 80 stagiaires musiciens de 7 à  77 ans.

L’oreille en colimaçon

  Inscrit au coeur même du patrimoine belleilois (l’accès est gratuit pour les habitants), Plage musicale en Bangor pratique bien sûr les petites églises mais aime mettre le cap sur l’insolite. C’est ainsi que pour la seconde année consécutive, le Grand Phare de Goulphar a remplacé la sirène de brume par des concerts « au fil des marches». Mardi 17 juillet, nous avons accompagné vingt processionnaires escaladant les 239 marches, l’oreille en colimaçon, s’arrêtant à  des paliers de musique. Au rez-de-chaussée, la clarinette basse d’Armand Angster dans Ictus de Pascal Dusapin. Plus haut, une création pour cor (Nicolas Ramez) et bande électroacoustique de Pierre Bernard, La Tempête, histoire de vivre par beau temps une de ces nuits horrifiques dont s’émeuvent les récits des gardiens de phare. La récompense est au sommet avec la flûtiste Sophie Deshayes et Carl Philipp Emanuel Bach devant le lit-clos du gardien. Avant la descente en spirale le long de trois madrigaux de Monteverdi.

  Autre concert à  risque le jeudi 19 juillet à  la pointe des Poulains, sur la terrasse qui jouxte la maison forteresse de Sarah Bernhardt à  l’abri des tamaris dont parle le musicien Reynaldo Hahn qui y séjournait l’été. «La dernière fois, dit Christophe Beau, il y avait un vent force 6. Il a fallu amarrer les partitions. On avait à  peine fini de charger le piano dans le camion qu’il s’est mis à  pleuvoir !» Il n’est pas peu fier d’être celui dont la corde sensible a renoué le lien interrompu depuis Reynaldo Hahn.

  Heureusement, certains concerts sont abrités comme celui du 18 juillet dans l’église de Bangor, qui ralliait les routes de Mozart à  Dillon, en passant par Brahms, Caplet et Schnittke. A l’abordage de la spectaculaire Sonate no 1 pour violoncelle et piano de Schnittke, Christophe Beau et Carine Zarifian. Duo d’extraterrestres entre la contrebasse de Nicolas Crosse et la voix flexible de Françoise Kubler. L’alto charmeur de Laurent Camatte, les violons sensuels de Nathanaëlle Marie et Isabelle Lesage, le beau violoncelle de Christophe Beau ont rejoint la clarinette envoûtante d’Armand Angster pour un Brahms magistral, le Quintette pour clarinette et cordes.

Marie-Aude Roux